Voici un article paru dans le soir, qui, je pense, parle de lui-même, si du moins votre sensibilité est similaire à la mienne... Le titre que j'ai choisi pour vous présenter ceci parle également de lui-même...
«Donneur d'organes Academy » à la télé néerlandaise
BURG,DIDIER
mardi 01 mai 2007, 12:25
Ce vendredi soir, à la télé néerlandaise, une femme choisira, parmi trois candidats, à qui elle fera don d'un de ses reins.
Une fille, trois garçons, un animateur souriant, un public de fans et un gros lot à gagner. Un plateau cousu de fil blanc pour une émission de rencontres a priori émoustillante. Sinon que la reine de la soirée sera Lisa, une jeune fille de 37 ans, atteinte d'une tumeur au cerveau incurable et en phase de vie terminale. Et que les trois compères en face qui vont devoir la séduire, sont eux aussi malades. Les téléspectateurs, eux, sont invités à envoyer des SMS à Lisa pour tenter d'influencer son choix.
A la clé, un gros lot qui sera rien de moins que le rein de Lisa dont elle fera don à l'un des candidats en attente de cet organe vital pour survivre. Les deux autres restant livrés à leur propre sort. Faisant voler en éclats les frontières de la téléréalité, De Grote Donor Show sera diffusé demain soir sur la chaîne publique néerlandaise Nederland 3. La programmation est assurée par la société de diffusion BNN, déjà à l'origine de programmes sulfureux sur l'utilisation de stupéfiants ou très explicites sur la sexualité.
Evoluant dans une société où parler des tabous n'est pas tabou, les producteurs néerlandais ont une nouvelle fois franchi allégrement les limites de l'impensable. Sans surprise, la polémique ne cesse d'enfler. D'abord aux Pays-Bas où la classe politique a demandé au gouvernement d'intervenir lors d'un débat à la Chambre. Pressé par les chrétiens-démocrates et les partis religieux orthodoxes d'interdire cette diffusion, le gouvernement s'est pourtant refusé à « censurer » l'émission au nom de la liberté de l'audiovisuel.
Au niveau européen, la Commission a qualifié De Grote Donor Show d'émission de mauvais goût. À l'étranger, les télévisions britanniques se sont emparées du sujet, une chaîne canadienne va faire le déplacement pour suivre l'émission et la RTBF ouvrait hier soir son JT sur « l'affaire ».
Une ébullition pourtant loin d'émouvoir le monde de l'audiovisuel néerlandais. Au contraire, BNN maintient son émission au nom du message qu'elle prétend vouloir faire passer à travers cette émission. Et pour cause : elle a été créée par Bart de Graaf, décédé à 35 ans après avoir attendu pendant plusieurs années une transplantation de rein.
« Dans notre émission, chaque candidat a 33 % de chances de succès, ce qui est beaucoup plus que pour les malades sur une liste d'attente pour obtenir le rein d'un donneur », justifie BNN. Son objectif est en effet de dénoncer la condition des patients en attente de dons d'organe. Le manque cruel de donneurs est patent aux Pays-Bas. N'empêche. « Ce n'est pas la manière que j'aurais choisie pour accroître la sensibilisation », s'est indigné le commissaire européen à la Santé, Markos Kyprianou, lors d'une conférence de presse. « On se dirige vers une braderie aux organes », a réagi la Fondation néerlandaise des transplantations, NTS.
Passés maîtres dans l'art d'accommoder la téléréalité aux sauces les plus scabreuses pour faire de laudimat, les producteurs bataves n'en sont pas à leur coup d'essai dans la matière. Comparées aux Teletubbies dont les sacs à main ont un moment inquiété les autorités polonaises, les émissions néerlandaises sont plus décoiffantes.
Un des premiers ballons d'essai de la téléréalité ayant défrayé la chronique remonte à 1993. L'émission surfait sur les carences criantes du système de santé néerlandais. Le public devait alors choisir entre deux candidats lequel recevrait un traitement médical ne pouvant être dispensé que dans un seul hôpital. La polémique s'était éteinte après la révélation que le jeu était « truqué ».
Plus récemment, c'est la chaîne commerciale SBS 6 qui a fait froncer les sourcils. Son projet est de remettre au goût du jour le film Freaks de Tod Browning. Le principe de ce reality-show sauce hollandaise est simple : trouver un partenaire à des personnes « monstrueuses » dont l'intégrité physique a à tout jamais été meurtrie par la nature ou le destin : de grands brûlés, des amputés ou des patients atteints de maladies dermatologiques aiguës.
Pour preuve des facultés de transgression des producteurs néerlandais, ils ont à leur actif l'émission de la téléréalité la plus décriée de tous les temps mais qui a connu un succès dans le monde entier : Big Brother. Un programme signé Endemol, la même société de production à l'origine du Grote Donor.
Ni sexe, ni drogue, ni violence, ni vulgarité, l'émission de demain répond à tous les critères de diffusion fixés par ce leader mondial de la production audiovisuelle, récemment rachetée par Silvio Berlusconi.
Mon avis en bref:
Je n'ai rien contre le fait qu'on trouve des donneurs pour des gens en parallèle au côté officiel si ça peut les aider... mais les infos données par la chaîne sont fausses... ils disent que les personnes ont une chance sur trois d'avoir un rein alors que normalement c'est beaucoup moins... c'est faux, puisqu'ils ont certainement moins de chance d'être sélectionnés à l'émission que de recevoir un rein, déjà à la base... puis ce voyeurisme malsain... cette subjectivité encore plus flagrante de qui vivra ou pas... le fait que cette personne qui donne son rein aie finalement le pouvoir de vie ou de mort sur trois personnes, tout ça... je me suis inscrit comme donneur d'organe si je viens à mourir, il y a longtemps déjà, parce que j'y ai réfléchi par moi-même... il y a d'autres façon de pousser les gens à réfléchir à cette problématique... je ne suis même pas sûr qu'elle celle-ci soit efficace, elle détourne l'attention du vrai problème...