Après avoir sombré dans les tréfonds du cinéma social ennuyeux au possible, les belges ont réussi à aller s'empêtrer dans une autre catégorie de cinéma peut-être encore plus déprimante...
Hier, j'ai regardé "The Room" de Gilles Daoust. Jeune homme diplômé de Solvay si je ne me trompe, issu d'une famille riche, il monte sa boîte de production (Title films), et donne libre cours à sa passion du cinéma. Il avait même tenté à une époque d'organiser un grand concours permettant aux vainqueurs des deux catégories (scénario et réalisation) de voir financer la mise en image par l'un du scénario de l'autre. (Ce fut un fiasco, tous les investisseurs ayant décidé de se retirer ou quelque chose du genre).
Bref, à la base, l'histoire semble intéressante à exploiter: "Alex, un jeune trisomique cloué dans une chaise roulante, est persécuté par des parents méchants. Au plus fort de la crise familiale, une mystérieuse porte apparait dans la maison, et chaque personne qui en franchit le seuil disparait dans un cri d'effroi. Dans cette situation, la seule personne qui pourra aider Alex est Melinda, sa soeur dévouée, qui, enceinte d'un inconnu, était sur le point de déménager pour refaire sa vie, abandonnant Alex. Enfermée dans la maison, la famille devra affronter ses plus sombres secrets, ce qui la poussera au bord de la démence... et au-delà."
Seulement, la suite n'est que catastrophe selon moi. Le numérique c'est bien, mais en abuser c'est mal. Et vas-y qu'on change toutes les couleurs et les ambiances à tout va. Y'a plein de flashbacks dans le film, ils sont en noir et blanc pour être sûr que vous ayiez bien compris que ce sont des flashbacks. C'est gentil. Mais il faut bien sûr, en plus, que seule la couleur rouge ait échappée au traitement. Et les plans-séquences qui n'en finissent plus. Les scènes de 5 minutes où on regarde un acteur marcher mais où il ne se passe rien d'autre... Tout ça a tendance à faire assez amateur... Ca donne l'impression que mister Daoust essaie de donner un style à son film mais sans arriver à y mettre une vraie créativité, une vraie personnalité, sans rien de plus original qu'une utilisation de techniques éculées...
Si en plus on considère que le scénario est très mal exploité à tel point qu'il manque de crédibilité, que sa chute en devient prévisible, ou simplement plate, et qu'à aucun moment il ne crée le mojndre frisson... quel gâchi...
Et les personnages, alors... Je n'ai jamais vu plus caricatural qu'eux... Ils sont si légers... Aucun fond si ce n'est un trait de caractère unique qui les définit entièrement... Pas de nuance... Dans le jeu d'acteur non plus d'ailleurs, trop théâtral, rendant le tout vraiment grotesque et risible... Bref, l'ensemble est vraiment niais, inefficace...
Mais où est passé "Toto le héro" ? On dirait que notre cinéma s'enterre tout seul depuis, entre fable sociale navrante et faux-thriller psychologique à l'américaine... Je suis grandement déçu...
Mais bon, si vous voulez vous faire votre propre opinion, je vous prête le DVD...